Situation du marché au 24 septembre 2026

Au Cameroun, l’Office national du cacao et du café affichait, le 23 septembre, un prix FOB indicatif de 2 968 FCFA/kg et une fourchette d’achat à Douala comprise entre 2 550 et 2 600 FCFA/kg. Pour un transformateur, ce signal doit être lu d’abord comme un indicateur de coût matière. Le prix de la fève conditionne directement le besoin en fonds de roulement, le coût de la masse de cacao et, après pressage, l’économie respective du beurre et du tourteau destiné à la poudre.1

Photo éditoriale cacao/café — Wikimedia Commons

La valeur industrielle ne dépend toutefois pas du seul prix d’achat. Elle repose également sur l’humidité, la fermentation, le tri, la présence de défauts et la régularité des lots. Ces caractéristiques influencent la torréfaction, le rendement au décorticage, la finesse de broyage, le profil aromatique de la masse et la qualité finale du beurre, de la poudre et du tourteau.

Business in Cameroon signale par ailleurs une progression du Cameroun dans le classement mondial de la pâte de cacao, malgré un recul des exportations totales mentionné dans son titre du 23 septembre. Ce signal soutient l’intérêt stratégique de la transformation locale, mais les volumes détaillés, les marchés de destination et la période statistique exacte doivent être confirmés avant toute conclusion commerciale.2

Conséquences pour le broyage et les dérivés

Masse de cacao

La masse constitue le premier point de valorisation après torréfaction, décorticage et broyage. Lorsque la fève est chère, la maîtrise des pertes de nettoyage, de coques résiduelles et des arrêts de ligne devient prioritaire. Pour les acheteurs industriels, la régularité de la viscosité, de la couleur et du profil sensoriel compte autant que l’origine.

Photo éditoriale cacao/café — Wikimedia Commons

Beurre et poudre

Le pressage répartit la valeur entre beurre de cacao et tourteau. Le tourteau est ensuite broyé pour produire la poudre. La rentabilité doit donc être pilotée sur le couple beurre-poudre plutôt que produit par produit : une demande plus faible sur un débouché peut immobiliser des stocks et dégrader l’économie globale du broyage.

Un signal international fait état d’un recul du broyage au Brésil dans un contexte de demande en baisse. Sans données complémentaires sur les volumes, la période et les catégories de produits, ce titre ne permet pas d’extrapoler une tendance mondiale. Il rappelle néanmoins qu’une capacité installée n’est rentable que si les débouchés pour la masse, le beurre, la poudre et le tourteau sont sécurisés et diversifiés.5

Disponibilité et qualité des fèves

Reuters rapporte que de faibles pluies en Côte d’Ivoire suscitent des préoccupations concernant l’offre et la qualité du cacao. Pour un transformateur camerounais, le principal enseignement n’est pas de reproduire mécaniquement ce scénario, mais de renforcer le suivi des récoltes, de la qualité physique et de la disponibilité régionale. Toute tension ou dégradation qualitative chez un grand pays producteur peut influencer les arbitrages d’approvisionnement et les attentes des acheteurs internationaux.6

Implications pour SAMEN INDUSTRY

Le projet industriel de SAMEN INDUSTRY à Baré-Bakem prévoit une ligne de broyage d’environ 4 tonnes par heure, soit environ 32 000 tonnes de fèves par an, avec des produits cibles comprenant beurre, poudre, masse et tourteau. Dans ce contexte, les priorités commerciales sont la qualification des bassins d’approvisionnement, la définition de spécifications par dérivé, la sécurisation progressive des débouchés et la préparation d’une documentation lot par lot.

L’ONCC met en avant des initiatives relatives au cacao durable et traçable ainsi que la préparation du Cameroun au règlement européen sur la déforestation. La Commission européenne souligne de son côté l’importance de la disponibilité et de la qualité des informations sur les forêts et les chaînes d’approvisionnement. Pour SAMEN INDUSTRY, cela implique une readiness documentaire fondée notamment sur l’identification des fournisseurs, la séparation des lots, la conservation des preuves d’origine et la cohérence entre entrées de fèves et sorties de dérivés. Cela ne permet pas, à ce stade, de déclarer un lot ou l’entreprise en préparation documentaire EUDR.1,7

Informations à confirmer

Informations à confirmer

La mise en service de l’usine avait été annoncée avant juillet 2026, mais son statut opérationnel effectif au 24 septembre 2026 n’est pas établi par les sources fournies. Doivent également être confirmés les volumes disponibles par bassin, les spécifications commerciales des dérivés, les rendements industriels réels, les contrats d’enlèvement et le niveau de complétude des dossiers de traçabilité. Ces vérifications sont nécessaires avant toute communication sur la disponibilité d’un lot ou sur une capacité commerciale immédiatement mobilisable.

Sources

  1. 1.
    ONCC Cameroun (ouvre une nouvelle fenêtre)oncc.cm/home2026-09-24
  2. 2.
    Business in Cameroon (ouvre une nouvelle fenêtre)businessincameroon.com/agriculture2026-09-24
  3. 3.
    environment.ec.europa.eu (ouvre une nouvelle fenêtre)environment.ec.europa.eu/topics/forests/deforestation_en2026-09-24
  4. 4.
    news.google.com (ouvre une nouvelle fenêtre)news.google.com/rss/search?q=cocoa+OR+cacao+price+OR+ICCO&hl…2026-09-24
  5. 5.
    Valor International2026-09-24
  6. 6.
    Reuters2026-09-24
  7. 7.
    Commission européenne2026-09-24

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